par Michel CROCE-SPINELLI
L’électricité s’est éteinte. Et Baux de Provence, ce très beau tableau rose et mauve que je regardais sans parvenir à le voir, s’est éteint à son tour.
Alors à la lueur de ce qui restait de jour, un autre tableau, dépouillé de ses charmes colorés, a surgi, peu à peu s’est imposé, avec une force fondamentale, dans la puissance de sa structure.
Bien sur il y a au centre de la toile les bâtiments, leurs angles, leurs lignes, les arêtes des murs, les plans de toitures mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans ces masses végétales qui, devenue grise est noires, enserrent le village, des forces éparses et contradictoires s’affrontent et se contiennent les unes les autres, architecture végétale qui dégage une sourde harmonie. Dans ce tableau, rien ne bouge mais tout vit. Un équilibre formidable sous-tend cette nature revisitée. Formidable ? …Tellurique serait le mot exact car c’est le rythme du monde qu’on y voit battre.
Je ne sais pas si Frédéric est d’abord un coloriste, comme on l’a dit, mais je suis sur qu’il est un homme du trait, dessinateur de masses, un équilibreur de la folie végétale.
Ce qui correspond d’ailleurs à son apparente égalité d’humeur dans la vie.
C’est un régulateur. Un régulateur fauve car la couleur éclate dans ses toiles, elle est une ponctuation qui rythme ses paysages. Elle éclate par taches, comme des coups de feu dans un monde des premiers ages où l’incertitude des touffus, la menace des tours montagneuses et des fracas des roches, dégage un mystère qui ne se déchire jamais tout à fait. Une violence ténébreuse sourd de ses tableaux. Qu’on retrouve dans ces yeux, dans son regard, dans cette intensité charbonneuse qu’il porte sur son visage.
Même s’il s’agit d’oliviers, de châtaigniers, de moulins, cultures millénaires, ou de pommiers bleu de cobalt sur des moissons jaune de chrome, c’est toujours un monde de création, un monde d’avant l’homme, que cette peinture met en jeu. Le volcan des origines n’est jamais loin, jamais éteint, ni la violence. La belle nature au bois dormant y attend la brosse, le pinceau, la spatule ou le couteau qui la réveillera et lui permettra d’exploser.
On est loin de cette tiédeur molle qui affadit notre monde aujourd’hui. Puisse Frédéric Wioland emeurer toujours homme de Cro-Magnon, ignorant le tiède et le fade
Peintre paysagiste, je promène mon chevalet de saisons en régions afin de découvrir de nouveaux lieux pour renouveler les sujets de mes peintures. Je l'ai principalement posé en Corse, Provence, Alsace et Bretagne où j’ai eu l’opportunité de vivre durant plusieurs mois.
Je tiens à remercier les auteurs-écrivains André Girard, Emmanuel Honegger, Marie Nicollas, André Reibel et Hélène Wioland, qui ont eu la gentillesse de commenter les oeuvres présentées dans cette galerie et dans le livre de Recueil de Peintures.



Vous pourrez également découvrir les oeuvres intitulées "trésor d'archives" qui montrent une série de croquis rapides réalisés au cours de différents repérages. Ce sont des oeuvres dessinées et mises en couleur en vue de futures peintures.